Gustafson débarque au Quat’Sous!

Tout commence souvent par une rencontre.

Pour nous, ce fut notre entretien avec le pluridisciplinaire Adrien Bletton non seulement auteur, compositeur et interprète pour Gustafson, mais aussi artiste tant apprécié pour son travail de comédien (autant sur la scène que pour son jeu à l’écran) qui, à lui seul su enflammer Hurlevent Théâtre avec son enthousiasme!  Nous étions donc pour le moins «pressés» que j’assiste à la représentation au Quat’Sous du 16 décembre dernier.

Quat'Sous

À mon entrée en salle, je découvre qu’une fumée épaisse camoufle déjà la scène harnachée de câbles, de projecteurs montés sur trépieds et d’un véritable arsenal de lampes suspendues.

Gustafson

Une fois assis, petit à petit l’éclairage se tamise, la pièce s’assombrit, bientôt les murs disparaissent et je peux à peine deviner mon voisin de siège. Alors que mes yeux s’adaptent à cette pénombre, une nouvelle source de lumière irradie ce brouillard artificiel, puis des notes de rock progressif se mettent à nous bercer … Je suis bien éveillé et pourtant me voici mystifié par l’étrange sensation d’avoir fermé les yeux, par l’impression d’être en apnée et de m’abandonner à une quête sous-marine, guidé par une lueur bleutée qui se matérialise et esquisse les silhouettes de nos musiciens avant de ne re-disparaître. Malgré une petite salle bondée, je suis persuadé que comme moi, chaque spectateur se sent agréablement isolé de son voisin. Bravo.

Puis, une fois tous en transe – « transe » le mot est juste – voici que les instruments à cordes frémissent et que les premiers émois se font entendre dans la foule. Le band a cueilli son auditoire comme un bouquet de pâquerettes. Gustafson séduit !

Par son originalité musicale tout d’abord : 

Gustafson a su instiller à son ADN rétro 90, une verve moderne, un allant propre à mettre sans dessus dessous les salles du Quat’Sous. Le groupe tire avantage de ses riches influences musicales en leur conférant une salvatrice postmodernité : harmoniques à la Pink Floyd, synthétiseur chagriné, saxophone enjoué et percussions explosives, donc, mais aussi joint à un certain style ou bien entrain qui n’est pas sans rappeler Mumford and Sons, puis mêlée à une touche pop typiquement française avec ses ribambelles de poésies amoureuses assumées et ses rythmes contagieux – l’une des chevilles ouvrières de leurs morceaux – pour un impact sonore quasi-inédit. Le band souhaite envoyer un message clair aux spectateurs: Gustafson est prêt à prendre d’assaut la scène montréalaise. Et pour se faire, Adrien Bletton et Jean-Philippe Perras ont assemblé autour d’eux, une véritable super-équipe ‘Sentai’ de musiciens chevronnés, dont Jonathan Drouin au saxophone, Clément Leduc comme claviériste, Amélie Mandeville à la basse et José Major à la batterie. La complicité règne manifestement au sein de l’équipe!

Par sa voix:

Deux voix chaudes, sincères, poétiques, celles de deux jeunes hommes hardis et rocambolesques. Des voix lubriques parfois, mais toujours rafraîchissantes puisque empreintes de naïveté; des refrains chantés de façon tant bien enjouée que pudique. « C’est avec toi que je tente ma chance », « m’offres tu cette danse?», « du style qui te plaira-a-a? » Sincère, simple, touchant, beau. Dans le registre de la romance toujours, même si l’originalité des paroles peut être moindre à l’occasion, le talent demeure et brille de tous ses feux sur scène.

Par sa théâtralité, enfin :

Une mise en scène adroite de la comédienne Sophie Cadieux tire parti de l’affaiblissement d’un sens au profit du second. Dans ce cas-ci, c’est la vue au profit de l’ouïe qui participe donc à l’ascension de la musique au premier plan du spectacle. Ce qui a aussi pour effet de donner carte blanche à notre imaginaire; ainsi la toile est vierge pour que notre subconscient crée à partir des thèmes soufflés par Adrien et Jean-Philippe, nos esprits féconds stimulés de plus belle par le mystérieux jeu d’éclairage.

« Hélas, parfois le vent ne souffle pas assez fort », « dans les coulisses de nos amours » Je me suis surpris à vouloir donner vie dans mon esprit à ces vents taciturnes. J’avais accepté l’invitation au voyage, de moi aussi « faire l’amour et vivre en bord de mer ».

C’est au théâtre du Quat’Sous, loin du tohu-bohu typique aux micro-brasseries que je me plais à fréquenter en quête d’expériences musicales, que je redécouvre avec plaisir, le pouvoir de la musique sur l’imagination.

Gustafson est un spectacle musical enflammé, dense, faisant preuve d’une redoutable efficacité en salle. La maîtrise technique est irréprochable, sans devenir machinale: l’harmonie entre la guitare et le clavier irradie de mille feux. Les chevauchées de cordes et de synthétiseurs, illuminent nos esprits et adoucissent nos coeurs, et nous attire, telles des lucioles à une flamme.

L’émoi fut immédiat. Le plaisir, trop court.

Vous l’avez compris; Gustafson deviendra vite un phénomène!

Article écrit par Nicolas du Lac
Crédit Photo: Martin Girard – Shoot Studio

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