Staying Alive

Spectacle Dimanche Napalm

Jean-Paul Sartre disait L’enfer c’est les autres.

Dans cette pièce où la jeunesse est le héros, ‘les autres’ sont incarnés par leur parent et par un gouvernement corrompu et obtus, se complaisant dans le bien-être matériel et le statu quo.

Mais cette jeunesse a-t-elle finalement réussi à prendre sa place? Que sont devenus les rêves et aspirations du Printemps érable ?

C’est la suite de cette lutte menée en 2012 qui est abordé dans la pièce Dimanche Napalm, présentée au Centre du Théâtre d’aujourd’hui.

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Urgence de vivre, urgence de fuir

Dans cette pièce, il est à la fois question de vivre et survivre. Quelle est la différence entre une situation invivable et une autre ? Le parallèle entre la jeunesse québécoise qu’on tente de museler et le sentiment d’urgence vécu en temps de guerre est intéressant.

Un exemple de cette idée est amené par le personnage de la mère (incarnée par Sylvie Léonard). Celle-ci fait un parallèle maladroit entre la Guerre du Vietnam et fait la morale à son fils,  en lui disant qu’il n’a pas à craindre de bombes ici et qu’il devrait se montrer reconnaissant d’avoir un toit sur la tête. Pour soutenir son propos moralisateur, elle cite la jeune fille au napalm, dont la photo fut immortalisée en 1972:

« J’ai remercié Dieu parce que mes pieds n’étaient pas encore brûlés, je pouvais fuir l’enfer. »

Contrairement à la jeune fille, celui-ci est confiné à sa chaise roulante et ne peut pas fuir. Il n’y a pas d’issu. Handicapé, il ne peut échapper à l’asservissement, au malheur, à la désillusion et au vacarme qui l’entoure. Muselé, il refuse toutefois d’accepter les discours de sa mère qui lui somme de rentrer dans le rang et d’accepter le monde comme il est. Portant, l’urgence en lui est bien réelle; une urgence de changer, d’évoluer et d’exister. Et comme bien des jeunes de sa génération, il ne trouve pas sa place dans la vision du monde qu’on lui propose.

Le jeu lumineux de Geneviève Schmidt

Malgré la noirceur des sujets abordés dans la pièce (la désillusion, le suicide, etc.), le jeu éclatant de Geneviève Schmidt, interprétant une jeune adolescente marginale au jeu touchant et à l’humour décapant, vient apporter une dose de lumière à l’ensemble. Bouffonne et excentrique, elle incarne l’archétype de la petite sœur agaçante, infatigable et tapant sur les nerfs de son grand frère qu’elle utilise comme confident. Ce personnage vit aussi son propre enfer, et tout en réprimant sa colère, s’autodétruit afin d’exister dans le regard des autres. Le jeu authentique de Geneviève Schmidt nous arrache plusieurs rires pendant le spectacle.

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Un futur brisé

Ce qui nous est montré dans cette pièce sont des jeunes au futur avorté. La scène est recouverte de verre brisé, provenant de la fenêtre éclaté qui fait office de décor, cette fenêtre à l’image du futur de cette jeunesse : quelque chose de pur, de transparent, de noble et pourtant fragile, puis fracassée en mille morceaux.

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Si le destin du verre c’est de se briser, avons-nous brisé notre jeunesse dans le Printemps érable? Quel avenir pour le Québec de demain ?

Stayin’ alive, comme dirait les Bee Gees?

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