Entrevue avec Adrien de Gustafson

Le Quat’Sous deviendra le temps de trois concerts, le terrain de jeu du duo Gustafson.

Charismatiques, les deux musiciens risquent de ne laisser aucun répit à leurs spectateurs mélomanes.

Entrevue avec Adrien Bletton, auteur, compositeur et interprète du groupe:

L’entrevue: Gustafson

HT: Quand avez-vous formé votre groupe et quel type de musique souhaitiez-vous produire à deux?

AB: Nous nous sommes rencontrés à l’École nationale, on étudiait comme comédien, j’écrivais des chansons, je les écrivais seul, j’écoutais du Vincent Delerm, du Mathieu Boogaerts, et j’avais besoin de m’entourer de musiciens et de jouer avec d’autres musiciens. Nous en sommes venus à  former un duo. J’ai choisi de faire un groupe avec Jean-Philippe… parce qu’il est beau (rire). Non, en fait nous avions des affinités artistiques et les types de musique que nous écoutions étaient les mêmes.

HT: Quelle était votre expérience comme musicien avant de fonder Gustafson?

AB: Je n’avais jamais chanté dans un groupe avant Gustafson, mais je jouais du violoncelle. Moi et Jean-Philippe jouons tous les deux du clavier chacun notre tour. On se limite pas trop avec un seul instrument. Mais Jean-Philippe joue principalement de la guitare électrique dans le groupe.

HT: D’ vient le nom du groupe, Gustafson?

AB: …d’une mystérieuse marraine suédoise (hum).

Sur leurs carrières de comédien et de musicien

HT: Vous menez de front deux carrières, soient celle de musicien et celle de comédien. Selon vous, lequel des deux métiers comprend les plus grands défis et pourquoi?

AB: C’est une très bonne question. À l’heure actuelle, c’est la carrière musicale, parce que c’est la carrière que l’on souhaite développer. Jean-Philippe et moi avons trouvé une grande stabilité comme acteur, à la télévision, avec le doublage etc. Avec la musique, nous aimerions arriver à faire cela plus souvent, pas uniquement de façon ponctuelle, mais de façon régulière. On essaie maintenant de prioriser la musique. On aimerait réussir à mettre le bateau à l’eau. La série de spectacles au Quat’Sous vise cet objectif. Mettre toutes les chances de notre côté pour que les diffuseurs montrent notre show.

On fait d’ailleurs tout nous-mêmes, nous sommes artistes, producteurs, publicitaires et diffuseurs. Nous faisons aussi notre marketing et gérons nos réseaux sociaux.

HT: Crois-tu que votre bagage au théâtre vous aide dans votre processus créatif musical? Et si oui, comment cela modifie votre musique et vos spectacles?

AB:  Le rapport à la scène en tant qu’acteur nous intimide moins. Contrairement à un musicien qui est moins familier avec le rapport au public, qui n’ose pas s’adresser au public et qui s’empêche de le regarder, l’acteur cherche le public.

Sur l’album, Courir dans le noir (2015)

HT: Dans une entrevue faite avec BRBR, vous parlez de votre album que vous avez réalisé avec l’aide de Philippe Brault. Vous avez mentionné qu’il «…a donné certaines clés qui vous manquaient afin d’atteindre le son que vous cherchiez ». Quelles sont ces clefs que Philippe Brault vous a données et quel son souhaitiez-vous donner à l’album?

AB: Philippe avait son studio, il a une expertise technique de l’enregistrement. C’est bien d’avoir confiance en ce gars-là. De passer d’une version sous-sol à une version professionnelle. Il branche ses fils et ses micros et va nous sortir un son qui traduit votre pensée musicale.

Ça ne m’intéresse pas de faire une pop trop léchée. J’aime travailler dans l’erreur. Courir dans le noir – ça voulait dire – créer avec cet état d’instabilité qui favorise la création. Et c’est selon moi essentiel pour toute forme d’art.

HT: Boris Vian est une de vos inspirations. Qu’est-ce qui vous inspire de ce poète? Qu’est-ce que les mots de Vian apportent à votre musique?

AB: Quand on a commencé à faire de la recherche et qu’on a trouvé ce poème, et que je l’ai relu (Je voudrais pas crever, Boris Vian, 1952),  il m’apparaissait bien plus lucidement aujourd’hui, comme si un sens était ajouté et qu’il correspondait à l’identité de Gustafson. Il y avait une urgence de créé. Cette urgence de l’artiste de laisser sa trace. Cela nous a aussi poussé à poursuivre notre démarche artistique avec Gustafson.

HT: Tu as aussi mentionné dans cette entrevue que tu étais fan de Gainsbourg, Dutronc et Christophe qui sont des références à tes origines françaises. Comment ces chanteurs et compositeurs t’ont-ils inspiré dans les compositions de Gustafson?

AB: Les mélodies m’ont beaucoup inspiré. Gustafson, c’est une rencontre entre une époque française et une musique nord-américaine et ces influences se font surtout sentir au niveau des mélodies et des textes.

Sur leur collaboration avec Sophie Cadieux

HT: Qui a approché qui en premier? D’où est venu l’idée de présenter un spectacle de musique au Quat’Sous?

Nous avons approché Sophie, nous avions déjà travaillé ensemble au théâtre, on cherchait une alliée pour ce spectacle-là, présenté au Quat’Sous. Sophie a un intérêt pour les formes d’art en général, qui n’ont pas de lien avec son travail. Elle est très sensible à la culture musicale québécoise. Dès qu’on a lui a proposé l’idée, on a su que c’était la candidate idéale pour mettre en scène notre spectacle.

HT: Pourquoi amener un spectacle de musique sur la scène du Quat’Sous? Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette scène?

AB: Le Quat’Sous organise déjà des spectacles carte blanche qui présentent aussi de la musique et qui ont de la considération pour la représentation. C’était une occasion pour le band de réfléchir sur sa façon de représenter sa musique et aussi, cela nous donnait beaucoup de liberté comme musiciens et comme artistes.

HT: Le spectacle annonce que l’on va entendre un peu de votre propre histoire; que peut-on attendre de cette version des faits? Est-ce que l’on va apprendre sur Gustafson le groupe, ou bien doit-on s’attendre à de la fiction?

AB: Tout est une fiction. La véracité se trouve au niveau de l’expérience que l’on propose aux gens, ce moment historique pour Gustafson faire cette série de 3 spectacles. C’est aussi écrire et chercher du sens à travers un engagement artistique.

Pour la suite, lisez le reportage de Nicolas du Lac sur le concert du 16 décembre prochain.

*Entrevue réalisée par Marie-Michelle Demers, journaliste pour Hurlevent Théâtre

** Crédit photo: John Londono

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