Rendez-vous avec Madama Butterfly

Opéra marquant, très connu pour son hymne Un Bel Di Vedremo, chanson dramatique et à la fois pleine d’espoir composée par Giacomo Puccini, Madama Butterfly ne vieilli pas. Cet opéra est toujours d’actualité, dans notre monde bouleversé entre modernisme et conservatisme, le regard que l’on porte sur soi et notre définition de l’étranger. J’ai téléchargé la chanson pour l’écouter en boucle sur mon I-Pad, question de me préparer l’oreille à la musique.

Mardi le 22 septembre dernier, je suis donc allée voir Madama Butterfly  présenté par l’Opéra de Montréal. Assise dans une loge de la salle Wilfrid-Pelletier, j’attendais avec impatience le levé de rideau. Cinq minutes plus tard, les lumières se tamisèrent,  et j’aperçu le décor; une immense pièce séparée par des murs mitoyens orientaux, une scène en pins jaunes et un cerisier en fleur, contrastant avec l’ensemble linéaire.

Un Pinkerton convainquant

Le personnage de Pinkerton fut livré avec succès par son interprète (Antoine Bélanger) qui réussit à mettre de l’avant toute l’arrogance et le narcissisme du colon américain venu s’approprier une une partie de l’exotisme japonais. On ressent une certaine violence, un choc, devant le total manque d’empathie de Pinkerton à l’égard de la culture et les moeurs japonaises, à des lieues de la culture occidentale. Le comédien-chanteur donne le ton et offre un Pinkerton imbu de sa propre personne, fermé et qui prend toute la place (tant dans son interprétation qu’avec sa voix). Bref, il interprète parfaitement et à gros traits l’américain Pinkerton, faisant opposition à Butterfly, qui est légère, fragile et tout en finesse.

La Butterfly de Melody Moore

Melody Moore interprète bien les différentes phases de transition vécues par Butterfly et malgré sa voix puissante, donne une touche de délicatesse dans son jeu à chaque scène, rappelant la jeunesse et l’innocence du personnage. La transformation entre la femme-enfant pleine d’espoir du premier acte jusqu’à la femme vieillie par l’attente et l’inquiétude du deuxième acte, est crédible et bien jouée.

J’attendais avec impatience son interprétation de la chanson Un Bel Di Vedremo.  En fait, j’étais précisément venue pour entendre cette chanson. Je n’ai pas été déçue, la voix vibrante et assurée de Melody Moore en valait le déplacement. Avec la musique de l’Orchestre Métropolitain dirigé par l’habile James Meena, la montée lyrique de Butterfly, ouvrant son cœur pour la dernière fois avant de se livrer au désespoir, fut très bien rendue.

Butterfly aujourd’hui

Outre la beauté du spectacle en soi et de la musique, ce que l’on retient de Madama Butterfly, c’est la beauté de l’éphémère. Dans une société de l’immédiat où tout doit être consommé, Butterfly incarne non seulement la résistance. Bref, que ce soit pour l’histoire, la voix des chanteurs ou pour simplement le plaisir d’entendre de la musique de qualité, ce spectacle valait la peine d’être vu et entendu.

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