J’accuse: 5 femmes et leur combat de l’intime

Mercredi dernier, j’ai assisté à la représentation de la pièce J’accuse au Théâtre d’Aujourd’hui. Le texte a été écrit par la jeune auteure Annick Lefebvre et mis en scène par Sylvain Bélanger, reconnu entre autre pour son travail sur les oeuvres Félicité (Olivier Choinière) et Les mutants (Sylvain Bélanger et Sophie Cadieux).

5 femmes, 5 combats

J’accuse c’est quoi ? Comme le titre l’indique, c’est d’abord un appel à la révolte. C’est aussi 5 monologues déclamés par 5 femmes qui racontent tour à tour leur vie à travers des anecdotes tirées directement de leur quotidien. D’un quotidien qui parfois écorche sans pitié. Et elles ne mâchent pas leurs mots pour dire leur colère envers toutes ces choses devant lesquelles elles se sentent impuissantes (lire: les inégalités). Le texte à la fois cru et impudique d’Annick Lefebvre n’épargne personne et aucun sujet non plus (préparez-vous, parce que vous vous reconnaîtrez probablement à un moment dans la pièce et pas à votre meilleur).

J’accuse c’est aussi 5 femmes et leur combat respectif : celle qui met tout son temps dans son entreprise et dont le couple bat de l’aile; celle qui délaisse sa vie sociale pour écrire et qui vit mal sa solitude; celle qui adule et suit à chaque concert une chanteuse populaire (Isabelle Boulay qui se fait surnommer « Matante suave » de La Voix) pour combler son manque d’amour propre; celle qui travaille dans une boutique de vêtements pour un salaire de misère et celle qui lutte pour s’intégrer qui est une nouvelle arrivante au Québec et qui malgré ses diplômes n’est pas reconnue sur le marché du travail.

Ce qui est intéressant avec les personnages de cette pièce, c’est qu’aucun d’entre eux (incarnés par Catherine Trudeau, Ève Landry, Léane Labrèche-D’Or, Debby Lynch-White et Alice Pascual) n’acceptent le statu quo dans leur vie. Chacun des 5 personnages féminins aspirent à changer les choses en élevant la voix et en abordant sans filtre ce qui les met en colère au quotidien. Bref, cette pièce dérange. Le texte tire autant sa force de son honnêteté sans détour face aux sujets les plus tabous (la sexualité, les immigrants, le plafond de verre, le travail, les inégalités hommes-femmes) que de l’écriture riche, précise et corrosive de l’auteur.

La technologie pour servir le propos

Un autre élément intéressant de la mise en scène est probablement l’intégration d’éléments technologiques. Par exemple, alors que la comédienne Léane Labrèche-D’or récite son monologue, une autre comédienne manipule une caméra qui repose sur un chariot de travelling. L’image filmée de celle-ci se retrouve alors projetée sur le mur de plâtre en arrière plan, ce qui donne un effet de profondeur et de dédoublement à la scène.

Le mot de la fin

Annick Lefebvre est une artiste intéressante parce qu’elle ose parler de sujets peu exploités au Québec tels les conditions de travail des femmes et surtout l’intégration professionnel des femmes immigrantes. Elle est définitivement une artiste à surveiller dans les prochaines années.

*Vous pouvez donner une note à la pièce J’accuse en répondant au sondage ci-dessous:

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